Révéler (du latin revelare « dévoiler », issu de velum « voile ») est très certainement depuis 50 ans le cœur du projet du CVB dans une dimension inéluctablement liée aux questions sociales et politiques, et dans une démarche entièrement tournée vers la création cinématographique. Le projet de départ était limpide : s’emparer d’une technologie naissante – la vidéo « légère » – et la mettre au service directement et sans intermédiaire de celles et ceux qui n’avaient pas droit de parole, les invisibles, dans cette idée de « rendre la parole au peuple ».
C’était l’invention du « Vidéobus », camionnette itinérante à la rencontre des habitant.es.s et des associations à Bruxelles.
50 ans après, disposer d'un espace de parole libre et créatrice dans un monde globalisé et très cyniquement réduit à sa dimension consumériste reste d’actualité. La volonté du CVB de travailler avec les gens et non sur les gens, d’aider à libérer une parole enfouie car trop souvent dénaturée, de susciter l’envie chez les artistes, réalisateurices et jeunes auteurices de partager ce regard pour entendre, voir et comprendre autrement, garde toute sa pertinence et sa force. La diversité des approches - individuelles ou collectives, la singularité des contenus, le frottement des genres – documentaire et fiction, des pratiques et des regards– film documentaire d’auteurice, atelier collectif de fiction, outil pédagogique, podcast, expérience vidéo sur le web ; l'hybridation, l'articulation d'une démarche artistique avec l’engagement social et politique, l'attention portée aux individus – citoyen.ness ordinaires, constituent quelques-uns des leitmotivs de notre démarche.
Ce qui frappe sans aucun doute à la lecture de ces 50 années de création c’est la relation organique, existentielle qu’entretient le CVB avec le monde, ses enjeux, ses manifestations, ses évolutions, ses dérives, ses espoirs. Le CVB est depuis toujours une maison du documentaire, quoi de plus naturel donc que son terrain d’action soit son environnement et le regard porté sur celui-ci.
Les exemples ne manquent pas, tout au long de ces 50 années de production de films, qui illustrent cet ancrage, cette plongée sans cesse actualisée, retravaillée, ajustée de notre relation au monde et de notre capacité à l’expliquer comme à tenter, de là où nous sommes, de le transformer.
Ce qui frappe aussi très certainement c’est cette ligne de crête très fragile mais oh combien indispensable à notre volonté de s’adresser au plus grand nombre qu’est le ressort de l’intime, du ressenti, de l’expérience vécue pour montrer, décrire, expliquer, dénoncer les mécanismes systémiques et donc politiques qui gouvernent le monde ; cette attention portée au territoire proche de nous – le quartier, la commune, la ville, le voisin, le semblable comme aux territoires plus lointains et à l’autre, à l’altérité, à la différence, à l’ailleurs, à l’en-dehors de nous et de nos zones de confort ;
cette soif de varier les approches, de chercher la meilleure adéquation entre le corps et le visage, d’expérimenter de nouvelles narrations, d’hybrider les formes et les contenus ; cette volonté de faire vivre ensemble et dans un dialogue nourricier les approches artistiques, esthétiques, politiques, sociales, professionnelles, amateures, sans faux-semblants et parfois dans la tension mais avec la ferme conviction que des réponses sont à trouver dans ces décloisonnements.
Atelier de production documentaire et Association d'éducation permanente de la Fédération Wallonie-Bruxelles, Opérateur audiovisuel soutenu par la Commission communautaire française, le Centre Vidéo de Bruxelles articule ses activités à travers 4 axes complémentaires et interreliés :